Histoire

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Dans cette page, il s'agit de vous présenter quelques extraits de lectures concernant  l'introduction des végétaux japonais en France, depuis le XVIIIème siècle et de progressivement se focaliser sur les origines de ces jardins au Japon.
Ces extraits de textes datent du XIXème siècle faisant appel à certains moments à un lexique tombé en désuétude.

Végétaux originaires du Japon et importés au Jardin des Plantes à Paris, à partir du XVIIIème siècle :

La bibliothèque de la SNHF à Paris propose des ouvrages complets et anciens et avec des listes de végétaux originaires du Japon et importés au Jardin des Plantes de Paris, entre 1700 et 1862, voici la page répertoriant les plantes de jardins botaniques japonais au fil des décennies.

2/ LES PRODUCTIONS VEGETALES DU JAPON A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 :

Par le docteur Edouard MENE - 

Société Nationale d'Acclimatation de France, 1880 - Pages 349 à 357 (Bibliothèque de la S.N.H.F. de Paris)

"Chargé par la Société d'Acclimatation de faire un rapport sur les productions végétales du Japon, qui ont figuré à l'Exposition Universelle de Paris en 1878, j'ai cru devoir diviser ce travail en deux parties:

1/ Ferme japonaise du Trocadéro;

2/ Produits végétaux exposés dans le palais du Champ de Mars.

On peut affirmer l'importance considérable de l'exposition du Japon, sous tous les rapports, aussi bien au point de vue de la production et de l'industrie, qu'au point de vue de l'art et de l'instruction publique. Depuis l'année 1868, ce pays a fait d'immenses progrès qui augmentent chaque jour.C'est en 1878, que, pour la première fois, le Japon a véritablement fait, à Paris, une exposition de ses produits et a envoyé des spécimens remarquables, qui ont montré, non seulement l'intelligence de ce peuple, mais encore ont prouvé tout le parti qu'il sait tirer de la nature, et nous ont éclairés sur bien des productions peu connues de ces contrées.

Qui n'a pas admiré les bronzes merveilleux incrustés d'or et d'argent, les porcelaines, les faïences, les laques d'or admirables, les ivoires, les émaux cloisonnés de toute espèce, qui faisaient de l'exposition du Japon une merveille de goût, d'art et de fini de travail !

Mais les deux parties les plus importantes de cette exposition, qui ont du passer inaperçues à bien des yeux, étaient la ferme japonaise du Trocadéro et la collection des produits végétaux exposés dans les galeries du Champ de Mars.

La ferme japonaise, ou, pour parler vrai, le jardin où la Commission japonaise avait réuni une grande quantité des plantes les plus utiles, soit semées, soit transportées, avec beaucoup de difficulté et de peine, du Japon sur les pentes incultes et non ombragées du Trocadéro, avec 10 centimètres, au plus, de terre végétale et où l'on remarquait une collection très curieuse des principales plantes nanisées, qui sont très recherchées par les Japonais.

L'exposition des produits végétaux du Champ de Mars, qui occupait les salles du fond de la section japonaise, remarquable par l'ordre, le sens pratique et l'organisation qui faisaient ressortir l'importance réelle de chaque produit.

C'était une réunion très complète, très instructive, des productions végétales indigènes de toute espèce, servant à l'alimentation et à l'industrie, augmentée des spécimens artificiels de fruits et de légumes.

Cette exposition comprenait des séries de tableaux exposés par les ministères de l'Instruction publique, de l'Intérieur et des Finances, représentant les feuilles, les fleurs, les fruits, les tiges des végétaux les plus usuels, tableaux destinés à propager dans les écoles les notions de la botanique pratique.

D'autres tableaux indiquaient la culture, la récolte et l'industrie de certains produits végétaux les plus importants (Riz, Thé, Kaki, etc.).

Des aquarelles très remarquables exposées par le ministère de l'Agriculture de Tokio, faisaient ressortir les céréales et les légumes les plus usités, avec des échantillons de graines.

Des dessins en grand nombre et des photographies complétaient cette exposition.

La Commission japonaise avait publié une sorte de catalogue, en deux volumes, qui renfermait des détails intéressants sur les bois, les laques, les boissons fermentées, les plantes marines, les céréales, les légumes, les fruits, les champignons, les huiles et les cires, les matières tinctoriales, le tabac, les plantes fibreuses, le thé et la culture du mûrier.

Ce qui frappe dans l'étude des produits végétaux du Japon, c'est la difficulté de leur attribuer un nom certain : en consultant les livres Kwa-wi (Choix de Plantes), 1759; le livre Phonzo-Zoufou (Traité de Botanique avec planches), par Iwasaki Tsounemassa d'Yédo (1828); le livre Sô Mokou Zussetz (Traité de Botanique avec planches), par Yonan-Si et Razan ono Kiakou Ibou (1856); en suivant les indications du botaniste japonais Tanaka et de l'éminent naturaliste japonais Itoo-Keiske; en étudiant le remarquable ouvrage de MM. Franchet et Savatier (Enumeratio Plantarum in Japonia,... 1875); en lisant les travaux du docteur Vidal sur les animaux et les plantes utiles du Japon (Bulletin de la Société d'Acclimatation, 1875); en notant les dénominations indiquées sur les produits exposés et dans le catalogue de la Commission japonaise, on arrive, tantôt, à plusieurs noms différents pour la même plante et la même variété, tantôt à un seul nom générique pour désigner des espèces et des variétés différentes. Quant à la manière d'écrire les noms japonais, elle est souvent modifiée suivant les différents auteurs, et il est difficile de déterminer quelle est la véritable orthographe. J'ai surtout cherché à connaître les usages japonais des différentes plantes qui garnissaient le jardin du Trocadéro et des produits végétaux renfermés dans les vitrines de l'exposition du Champ de Mars; je les ai succinctement indiqués dans ce rapport, en m'attachant à éviter, autant que possible, les erreurs très faciles à commettre, et je me suis efforcé de faire ressortir l'importance de tout ce qui pouvait être utilisé pour l'acclimatation.

FERME JAPONAISE DU TROCADERO

En arrivant au Trocadéro par le pont du Champ de Mars, on trouvait, à mi-hauteur, en montant sur la gauche, un jardin entouré d'une clôture de gros bambous jaunes, de deux mètres de hauteur, espacés à distance d'un mètre et soutenant un véritable treillage de bambous plus petits, placés les uns horizontalement, les autres verticalement, et assemblés par des liens en bambou. Le long de ce treillage, grimpaient entrelacés des pois, des haricots à fleurs soit blanches, soit lilas, des concombres cultivés, attachant leurs longues vrilles aux tiges de bambou et mêlant leurs larges corolles jaunes à leurs longs fruits verdâtres. Le pavillon blanc au disque rouge de l'empire du Soleil Levant flottait au haut d'un mât et l'on pouvait, en entrant, se croire transporté dans un coin du Japon.

En avant et de chaque côté de la porte d'entrée se dressait, sur un gros galet, une jolie jardinière en porcelaine blanche d'Owari, à décor bleu, représentant des oiseaux voltigeant sur des branches de pêcher en fleur et contenant une touffe de petits bambous à tige jaune, à noeuds verdâtres, au feuillage élégant.

En arrière de la jardinière et de chaque côté de la porte, une véritable palissade en bambou, formée de tiges de petits bambous jaunes, posées verticalement, serrées les unes contre les autres et assemblées par des morceaux de bambous plus gros coupés dans leur moitié et placés horizontalement.

On ne pouvait franchir la porte sans s'arrêter, malgré soi, un instant à la contempler et à l'admirer.

Deux montants de bois arrondis, sculptés en relief, représentant des branches de pivoines en fleur et des iris (Chaga) en formaient les soutiens. Sur des panneaux sculptés à jour, en plein bois, délicieux de dessin et d'exécution, des branches de lis avec leurs feuilles, leurs boutons et leurs fleurs, des branches de buis, des épis de blé, des Liserons s'entremêlant avec des Chrysanthèmes (Kiku), et tranchant sur le tout, des panneaux en bois gris noirâtre de Diospyros-Kaki. Au-dessus de la porte un coq et une poule merveilleusement sculptés : la poule picore pendant que le coq se dresse fièrement auprès d'elle.

A peine entré, un sentiment de curiosité faisait examiner avec soin ce jardin formé de plates-bandes ovales ou allongées, entourées les unes de tiges de bambou coupées dans leur moitié et affleurant la terre; les autres bordées de longues tuiles vernissées, de couleur blanche, jaune, verte ou rougeâtre, et remplies de plantes et d'arbres inconnus ou peu connus, et que la Commission japonaise avait très intelligemment choisis parmi les plus utiles du Japon.

En parcourant les allées, on trouvait, de distance en distance, des espèces de dressoirs en bois de sapin, soutenus par six gros bambous, s'élevant à plusieurs mètres et maintenant une toile destinée, soit à tempérer l'action des rayons solaires et à garantir les plantes placées dans des pots rouges ou grisâtres, et rangées sur les planches des dressoirs, soit à préserver de la pluie des graines en train de sécher.

Sous d'autres dressoirs, on remarquait des flacons de graines de millet, de blé, de chènevis, de sarrasin, de piment, de potiron, de melon, de fèves, de haricots, de pois de différentes espèces.

On s'arrêtait devant une petite maison japonaise, occupant le centre du jardin, formée presque entièrement de bambou et de sapin, avec un toit en gros bambous, des gouttières en bambou, une palissade en gros bambous jaunes aplatis, et un auvent en bambou destiné à abriter des rangées d'arbustes et de plantes rares.

Ouverte complètement sur un de ses côtés, par l'écartement de cloisons mobiles, glissant dans des rainures, cloisons qui sont garnies de papier et qui, au Japon, constituent les murs et forment les séparations des pièces, la petite maison étalait un mélange de simplicité et de bon goût : de charmants bibelots de toute espèce, une jolie étagère laquée d'or, des bronzes, des émaux cloisonnés en garnissaient l'intérieur. Dans un beau vase, un liseron d'une espèce particulière, inconnue en France, à feuilles étroites et longues, grimpait le long d'un petit tuteur en bambou et étalait ses fleurs d'un beau rouge velouté et violacé d'un très joli effet. Dans le fond de la pièce se tenait gravement un Japonais, au teint bronzé, vêtu d'une jupe d'un vert foncé et d'un corsage bleu, fumant silencieusement et donnant au jardin un cachet spécial.

 

Devant la maison, près d'une grosse borne en granit, terminée par un petit clocheton destiné à loger une lanterne de jardin, s'élevait une estrade, formée d'une seule planche, de 2 mètres de diamètre, provenant d'un Pinus massoniana et une seconde estrade, presque aussi large, constituée par une planche de Pinus densiflora. Elles supportaient un certain nombre de plantes, presque toutes nanisées, c'est-à-dire réduites à des dimensions très petites, par des procédés dans lesquels les Japonais excellent et dont ils ont fait, tout comme les Chinois, un art. Aussi trouve-t-on souvent chez eux, dans des pots très petits, des plantes de quinze, vingt, cinquante et même cent ans, qui, d'habitude, sont des arbres atteignant des dimensions colossales.

Les principales plantes nanisées exposées étaient des Kakis, dont on avait contourné les branches et dont plusieurs ont donné de beaux fruits qui ont mûri; unPinus densiflora (Shiba) de dix ans, de 40 centimères de hauteur, à petite tige contournée, rachitique, grêle et à feuilles rares; un Pinus densiflora de dix-huit ans (Shiba), à racines aériennes, se confondant avec la tige de 4 centimètres de diamètre; un Pinus densiflora (Neagari, variété de Shiba), de quarante ans, ayant 70 centimètres de hauteur, à racines aériennes, très grêles, contournées, remontant et redescendant plusieurs fois, pour se confondre avec une tige très mince, garnie de quelques bouquets de petites feuilles; un Pinus densiflora, variété albifolia (Shiraga m'ats'u), dont la tige occupait toute la largeur du pot et montait comme un gros cône de 80 centimètres de haut, d'où sortaient quelques petites branches maigres et contournées, garnies de quelques feuilles; un Rhynchospermum Japonicum de trente-cinq ans, rendu monstrueux, haut de 60 centimètres, à tige et à branches contournées, rabougries, renfermé dans un pot façonné dans un morceau de bois creux; plusieurs Podocarpus macrophylla, à feuilles longues, étroites, vertes et à folioles blanches, occupant le milieu des bouquets de feuilles et ressemblant à un arbre garni de fleurs blanches; plusieurs Podocarpus nageia ovata, renfermés dans des pots, dont certains contenaient deux pieds, à branches rabattues, à feuillage peu fourni, à feuilles presque ovales, d'un beau vert luisant. Il y avait, en outre, parmi les plantes nanisées, plusieurs petits Orangers Kin-Kan (Citrus Japonica), et plusieurs petites Citronniers Yudzu.

Les autres plantes qui garnissaient les estrades étaient des Grenadiers ordinaires, à fleurs simples comme les nôtres, des petits Bambous noirs, à tige grêle; plusieurs Orangers (Kokits) portant de petits fruits verdâtres; des Fougères; des pieds de Nandina domestica; des Carex de plusieurs variétés.

En suivant les allées du jardin, on trouvait un petit enclos divisé en compartiments par des treillages de bambou, et renfermant des canards mâles et femelles, semblables aux nôtres, un peu plus gros, qui prenaient leurs ébats non loin de poules et de coqs japonais, bas sur pattes, de la même race que ceux qui étaient sculptés au-dessus de la porte d'entrée.

On arrivait à un bassin dont la moitié était occupée par une plantation de riz, espacée par touffes régulières et dont un grand nombre de pieds ont fleuri vers le 15 septembre. Le reste du bassin était garni de plantes aquatiques : de Nénufars et de Roseaux, et, sur un rocher situé au milieu de ce bassin, était placé un vase contenant un Palmier (Chamaerops excelsa), Shiro.

De distance en distance, dans les allées, des touffes de huit à dix pieds de Bambous d'espèces différentes, à tige assez grosse, s'élevaient à 6 ou 7 mètres de hauteur et balançaient, au gré du vent, leur feuillage élégant.

Une des touffes à tige brune, rougeâtre, tachetée de plaques noires, d'autres à larges veines de couleur acajou, d'autres à moyenne tige noirâtre.

Tous ces Bambous ont été très vigoureux, sauf quelques pieds qui, vers le milieu d'octobre, ont commencé à ressentir les effets de la mauvaise saison et ont dépéri.

De distance en distance, des bancs formés de morceaux de tiges de bambous accolés; l'un d'eux surtout, placé au milieu d'une plate-bande, dominait le jardin, et le large parasol de bambou qui le recouvrait était couvert par deux pieds d'une variété de Cucumis (Vuri) qui, grimpant le long de deux tuteurs en bambou étalaient, au-dessus de la tête, leurs larges feuilles verdâtres et leurs fruits, de 40 à 50 centimètres de long, ressemblant à de longs Concombres qui pendaient de tous côtés et donnaient à cet endroit un aspect des plus pittoresques.

De ce banc, abrité des rayons du soleil par ce parasol original, on dominait le jardin divisé en plates-bandes, garnies, les unes de plantes alimentaires, les autres deplantes industrielles, médicinales et ornementales."

3/ ORANGERS ET CITRONNIERS PRESENTES PAR LE JAPON A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878

Productions Végétales du Japon- Par le docteur Edouard MENE - Société Nationale d'Acclimatation de France, 1880

Pages 357 et 358 (Bibliothèque de la S.N.H.F. de Paris)

"Oranger, Citronnier. - De la famille des Aurantiacées, on en trouvait dans le jardin, soit sur les estrades placées devant la petite maison, soit dans des pots espacés le long des allées, un certain nombre de pieds de différentes espèces d'Orangers, entre autres, plusieurs Kokits, variété connue en France, et de Citronniers ayant fleuri et dont plusieurs ont donné de petits fruits, les uns gros comme une petite cerise et les autres comme une prune, de couleur jaune verdâtre.

Les principales espèces d'Orangers et de Citronniers cultivés au Japon, sont :

1° Le Mikan (Citrus margarita) ou Oranger, dont le fruit est une mandarine de grosseur ordinaire, mais de qualité inférieure, analogue à celle du Fokien (Chine). LeMikan, qu'on ne cultive pas dans les provinces du Nord, à cause du froid, est abondant dans les provinces du Sud, telles que Toza, Higekii et Suruga. Une de ses variétés, le Unshu Mikan, donne de gros fruits sans pépins; on fait sécher la peau qui, sous le nom de Chimpi, s'emploie comme épice;

2° Le Kunembo qui produit les meilleures oranges;

3° Le Koji (Citrus nobilis, var.) et le Tachibana (Citrus trifoliata), Oranger à trois feuilles, espèce épineuse très rustique, qui donne des oranges de qualité inférieure, souvent amères, communes dans le Nippon central;

4° Le Dai-Dai (Citrus bigaradia) dont les fruits amers ne peuvent se manger crus, mais dont le jus sert comme celui du citron : les feuilles et la peau s'emploient en médecine;

5° Le Zabon (Citrus Decumana) et le Buntan ne viennent que dans les provinces du Sud, principalement dans celle de Satsuma : leurs fruits sont bons à manger;

6° Le Bushin-Kan (Citrus medica) et le Marubushin-Kan (Citrus medica, var. chirocarpus) qui produisent des fruits qu'on mange en compotes;

7° Le Kin-Kan (Citrus Japonica) qui comprend deux variétés : l'une à fruits ronds et l'autre à fruits ovales.

Suivant M. Lavallée, l'espèce nommée Kum-Kouat semble pouvoir s'accomoder de la région propre à la culture de la Vigne. Ses petits fruits se mangent confits au sucre.

8° Le Yudzu ou Citronnier, dont le fruit arrondi, un peu plat, a une saveur aigrelette, peu aromatique. Les Japonais le mangent cru, ou s'en servent comme épices, ainsi que de ses fleurs. Ce Citronnier supporte mieux le froid que les autres arbres de cette famille, aussi le rencontre-t-on dans un plus grand nombre de provinces."

4/ FRUITIERS (ROSACEES) PRESENTES PAR LE JAPON A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878

Productions Végétales du Japon- Par le docteur Edouard MENE - Société Nationale d'Acclimatation de France, 1880

Pages 653 à 658(Bibliothèque de la S.N.H.F. de Paris)

 

"Deux des plates-bandes étaient consacrées aux arbres fruitiers de la famille des Rosacées, mélangés aux Kakis. On y trouvait des Abricotiers, des Cerisiers, des Cognassiers, des Néfliers, des Pêchers, des Pommiers, des Poiriers, des Pruniers, qui ont fleuri sans donner des fruits ou seulement quelques fruits qui n'ont pas mûri.

L'ABRICOTIER (Prunus Armeniaca) ANZU porte de beaux fruits, mais au Japon on les cueille trop verts. Les Abricots se mangent frais ou on les fait sécher pour être conservés. L'abricotier, importé de Chine, suivant Siébold, est cultivé dans tout le Japon.

LE CERISIER (Cerasus) SAKURA était représenté dans le jardin par des espèces à fleurs doubles, de couleur rose violacée, rentrant dans les deux types que possède l'horticulture, le Cerasus Sieboldii et le Cerasus Lanneriana, espèces indigènes.

De plus, le Japon possède une espèce de Cerisier nommée Cerasus pseudo Cerasus, Lindl, ou Prunus Puddum, Cerisier faux Cerisier, et une autre espèce qui fleurit plutôt et dont une variété porte des rameaux pendants qui sont très vigoureux (Higan Sakoura). Très commun au Japon où il est répandu aussi à l'état sauvage, le Cerisier porte des fruits petits, aigres, mauvais, dont on fait peu d'usage, et il est plutôt cultivé comme arbre d'ornement. Il est commun aux environs de Nangasaki, de Shimoda, de Yokohama et d'Hakodate.

LE COGNASSIER du Japon (Choenomeles Japonica, Cydonia Japonica), Kuwarin ou Mazoumerou, suivant les livres Kwa-wi, diffère du Cognassier commun en ce qu'il atteint rarement, comme ce dernier, les dimensions d'un arbrisseau. Il est de nature plus buissonneuse, il garde ses feuilles presque jusqu'au retour des nouvelles, et très souvent il fleurit en plein hiver. Il porte des fruits âcres qu'on ne mange pas crus; on les fait bouillir avec du miel et du gingembre.

Une autre espèce, nommée Karin, commune dans les provinces du Nord, donne de bons et beaux fruits qui se mangent crus comme les poires.

Il y avait au Champ de Mars un bocal de fruits de Karin, conservés dans l'eau-de-vie de riz.

On trouvait dans le jardin plusieurs pieds très beaux et très vigoureux de NEFLIER du Japon (Eriobotrya Japonica) BIWA, dont les fruits jaunes ressemblent à des prunes de mirabelles et dont la saveur se rapproche de celle de l'abricot. Ils se mangent crus et sont assez estimés.

Une de ses variétés, le Naga Biwa, produit d'excellents fruits de forme ovale.

Dans les envois faits par les Japonais à des horticulteurs français se trouvait un pied du Eriobotrya Japonica, à feuilles panachées, que M. Carrière a vu une fois, mais qui, dit-il, est une plante rare, qui a disparu des cultures.

Dans les différents PECHERS (Amygdalus Persica) MOMO, plantés dans le jardin, il y avait une variété intéressante de Pêcher pleureur, à fleurs pleines et d'un rouge excessivement foncé.

Parmi les autres sortes de Pêchers cultivés au Japon se trouvent :

- Le Su-Momo (Prunus Japonica, Thunberg), qui comprend deux variétés, l'une rouge, l'autre blanchâtre. Leurs fruits se mangent cuits ou salés comme les prunes;

- L'Aki-Momo;

- Le Dzubaï-Momo;

- Le Kan-Momo, dont les fruits restent sur l'arbre jusqu'à l'hiver;

- Le Botan-Kio ou Togari Su-Momo, dont les fruits crus sont très bons à manger.

La culture du Pêcher est très répandue au Japon. Les Pêches sont belles, très nombreuses sur les marchés japonais, mais presque toujours cueillies avant leur maturité.

Elles se mangent crues ou cuites. Souvent on les conserve en les faisant bouillir avec du sucre.

Les noyaux sont employés dans la médecine japonaise pour l'acide prussique qu'ils contiennent.

Il y avait aussi dans le jardin plusieurs pieds de POIRIER (Pyrus communis) NASHI et ANRAN.

Au Japon, le Poirier comprend de nombreuses variétés; suivant le docteur Vidal il est l'objet d'une culture spéciale.

Les plantations sont disposées en quinconce, formant des allées régulières de 3 mètres de large.

Les arbres greffés sont taillés avec soin, de manière à ne conserver que quatre à cinq branches principales.

On force les branches secondaires à s'étaler horizontalement sur des bambous disposés à 1 mètre 1/2 environ du sol. Les Poiriers sont surtout communs dans les provinces de Kodzuke, d'Iwaki et d'Izu.

L'espèce la plus commune est une grosse Poire d'hiver, peu juteuse, un peu acide, qui se mange crue ou en compote.

Quant à la Poire Mikado, elle est grosse, rappelle la Poire Crassane; elle a une peau verdâtre, devenant d'un beau jaune à la maturité, qui a lieu d'octobre à décembre; elle est piquetée de points gris. Sa chair, jaunâtre, renferme un grand nombre de concrétions pierreuses; elle est très juteuse, a une saveur qui rappelle celle du Coing, mais elle est inférieure comme qualité à celles d'Europe.

Au Champ de Mars on trouvait plusieurs bocaux remplis de grosses Poires conservées dans de l'eau-de-vie de riz. Dans la collection des fruits artificiels, il y avait aussi plusieurs grosses Poires de la même espèce.

Les plates-bandes renfermaient aussi quelques pieds de POMMIER (Malus) RINGO.

Au Japon, le Pommier occupe un des premiers rangs parmi les arbres fruitiers, sans être cependant aussi cultivé que le Poirier. Une des Pommes les plus communes est une petite variété jaunâtre d'assez bon goût.

Dans la collection des fruits se trouvait un bocal de Ringo. Ces fruits, conservés dans l'eau-de-vie de riz, ressemblaient à des Pommes Reinette grise. Dans les fruits artificiels il y avait plusieurs grosses Pommes grises, pointillées de blanc.

Le jardin contenait aussi quelques pieds de PRUNIER (Prunus) OUME et de Prunus Mume, Mume ainsi que d'autres Pruniers inconnus en Europe.

Le Prunus Mume est une sorte d'abricotier plutôt qu'un Prunier, qui ne souffre pas des gelées tardives et qui fructifie aussi facilement que le Poirier de la Chine et que les Pêchers à fruits plats.

Il comprend un certain nombre de variétés, entre autres :

- Le Bungo-Mume, à fruits très gros,

- Le Shinano-Mume, à fruits très petits.

Le Prunier Mume est commun dans plusieurs provinces et principalement à Tokio.

Parmi les autres espèces de Prunus du Japon, on compte :

- Le Prunus incisa Ito-sakura, à feuilles très étroites, minces, allongées d'un rouge tendre.

- Le Prunus tomentosa (Thumb), Iusura mume, à feuilles tomenteuses, à petites fleurs de couleur blanc rose, réunies par bouquets, dont les fruits précoces d'un beau rouge sont bons à manger. Il forme plutôt un buisson qu'un arbre, les plus hauts ont 3 mètres; cultivé dans tout le Japon; importé de Chine suivant Siebold; de même que le Prunus trilobata (Lind.), à feuilles trilobées, originaire de la Chine.

Très souvent au Japon, le Prunier n'est pas cultivé comme arbre fruitier, mais seulement comme arbre d'ornement.

Les Prunes se mangent crues ou cuites. Souvent les Japonais en font des conserves salées qu'ils nomment Mumezuke. Il y en avait au Champ de Mars un bocal dont les fruits rougeâtres étaient de grosseur ordinaire. D'autres conserves s'appellent Mume boski et Mume bushiswo.

On en fait aussi macérer dans le sotchiu (sorte d'eau-de-vie de riz); les Prunes lui communiquent un bon goût. Ce liquide se nomme alors Mume Sake. Avec les fleurs de Mume on obtient des infusions analogues à celles du thé.

Le Mume-su, ou vinaigre de Prunes, provient de l'eau salée qui a servi à faire les conserves et qui en a pris le goût aigre. Ce vinaigre s'emploie pour les conserves de légumes.